Tout le monde connaît la célèbre histoire de l’éléphant Dumbo. Celle-ci a été écrite par Helen Aberson en 1939 puis adaptée en long-métrage d’animation par Disney, en 1941. Cette année, nous pouvons voir une nouvelle version réalisée par Tim Burton.

Si l’histoire de Dumbo est aujourd’hui un classique, qu’en est-il de celle de Jumbo “l’éléphant majestueux” ?

Helen Aberson s’est-elle inspiré de ce dernier ?

L’arrivée de Jumbo

Les éléphants d’origine africaine ont été extrêmement rares au cours de l’histoire en Europe, depuis le Moyen Âge.

Jumbo a été capturé en Abyssinie (Afrique) en 1861. C’était encore un jeune éléphant : un an et environ un mètre de haut. Il n’a pas été emmené seul, il avait un compagnon et ils furent envoyés à Paris par Johann Schmidt, un collectionneur bavarois. Son compagnon n’a malheureusement pas survécu au voyage. Jumbo a fait partie de la ménagerie du Jardin des plantes. En 1865, il mesurait déjà 125 centimètres, et fut échangé contre un rhinocéros du zoo de Londres où il arriva le 26 juin.

Jumbo devrait (paraît-il) son surnom à son gardien de Londres Matthew Scott : “jambo” signifie “Bonjour” en swahili. (+ d’infos sur son nom à la fin de l’article)

Le succès de Jumbo 

Au cours des seize années qui suivirent son arrivée, Jumbo devint une nouvelle attraction du jardin zoologique de Londres.
Il faisait désormais quatre mètres de hauteur et il laissait les enfants monter sur son dos (pour le plus grand plaisir du public).
Sur toute la période où il était à Londres, il aurait porté plus d’un million d’enfants. Parmi lesquels on compte Winston Churchill, Theodore Roosevelt et d’innombrables héritiers des maisons princières de l’Europe. Jumbo devint une vedette en Grande-Bretagne.

Le départ de Jumbo

Quand il atteignit sa maturité sexuelle, Jumbo était dans un état qu’on appelle le musth : à ce moment-là, les mâles normalement pacifiques peuvent devenir imprévisibles, voir même méchants.
Jumbo cassait tout dans son écurie et ne laissait personne l’approcher à part son gardien Scott… Même Alice, sa compagne éléphante, ne l’intéressait plus. On le trouvait donc trop dangereux et ce n’était plus possible de lui faire porter des enfants. La direction prévoyait de l’abattre si ça devenait nécessaire.

C’est à ce moment-là que Phineas Taylor Barnum, célèbre directeur de cirque américain, entre en scène. Il proposa à la direction du jardin zoologique de Londres de lui acheter Jumbo pour 10 000 dollars (une somme colossale pour l’époque). Vu la situation, la direction accepta. Sans surprise, la nouvelle déchaîna toute la nation britannique. Des personnalités publiques, notamment John Ruskin (écrivain anglais), engagèrent un procès où on examina la légalité du marché… Barnum l’emporta.

Son arrivée à New-York

Le 24 mars 1882, Jumbo partit en bateau pour New York et le 9 avril, il foula le sol américain en compagnie de Matthew Scott. Une fanfare l’accueillit et une parade de cirque le conduisit par Broadway jusqu’au Madison Square Garden, entouré de milliers de New-Yorkais.

L’éléphant acquis par Barnum n’était pas un jouet : contrairement aux éléphants d’Asie, ceux d’Afrique sont difficiles à dresser… On ne peut rien leur apprendre. Et pourtant Barnum réussit, avec la seule présentation de l’énorme animal, à attirer environ 9 millions de personnes aux États-Unis et au Canada lors d’une tournée de trois ans. Jumbo était présenté comme  « Le très haut monarque de sa puissante race, telle que le monde n’en verra jamais plus ».

Cette tournée avec la “Sangers Royal British Menagerie and le Grand International Alliede Shows – Barnum, Bailey and Hutchinson” engloutit, surtout à cause des frais de transport, une somme en dollars à cinq chiffres . Barnum faisait voyager Jumbo avec un éléphant nain surnommé Tom Pouce dans un wagon luxueux construit pour lui. Barnum se faisait bien payer pour montrer l’animal géant et laisser les enfants le chevaucher ; il réalisa, en trois ans, un bénéfice de 500 000 dollars.

La mort de Jumbo

Le 15 septembre 1885 Jumbo se trouvait à la gare de St. Thomas (Ontario). À cause d’une erreur d’aiguillage à l’occasion d’un transbordement, il fut percuté par la locomotive d’un train de marchandises qui s’approchait. La locomotive sortit des rails et Jumbo fut tué.

Après sa mort

Barnum confia l’animal à des préparateurs et fit don du squelette au Muséum américain d’histoire naturelle de New York. Par le biais de son agent de Londres, il obtint ensuite l’éléphante Alice. Il la présenta dans un spectacle itinérant en compagnie de Jumbo empaillé comme sa veuve en deuil…

Il fonda à l’université Tufts, à Medford (Massachusetts), le Barnum Museum of Natural History, appelé Barnum Hall, où Jumbo fut définitivement installé à partir de 1889 et resta la mascotte des étudiants.
Malheureusement, un incendie éclata dans ce hall le 14 avril 1975. La collection y brûla avec l’éléphant empaillé. Il reste un morceau de sa queue, toujours conservé à l’université Tufts.

La ville de St. Thomas a commémoré le séjour et le décès de Jumbo.
À l’occasion du centenaire de son décès, en 1985, un monument grandeur nature de cet animal a été érigé au sommet d’une colline, à une centaine de mètres de la rue du Musée.
La statue a été finalement relocalisée dans le terrain de stationnement du musée militaire Elgin et une exposition permanente est consacrée au pachyderme.

FUN FACTS :

Le terme français « bonjour » se traduit par Jumbo en swahili, terme que l’on peut également rapprocher de Jumbe, un titre de chef de village.

Cet éléphant célèbre a donné son nom à de nombreux artéfacts et entreprises et a naturellement été repris pour désigner d’autres éléphants.

Ce terme est devenu le synonyme de gros et grand. Par exemple les « jumbo jet », surnom du gros porteur Boeing 747.

L’éléphant des dessins animées des studios Disney, appelé Dumbo, fait référence à ce nom, il est construit à partir de Dummy (nul) ou Dumb (idiot) et Jumbo. En plus de ça, sa mère s’appelle Madame Jumbo. Pas sûre que ça soit dû au hasard…

Alors ? Qui connaissait Jumbo ?